# Three - Quand le désespoir devient routinier



Comme chaque clown, il se fracasse le moral avant d'entrer en scène. A coups de souvenirs. A coups de rires. A coups de couteau. La comédie, il ne sait la jouer qu'affaibli. Il a mal. Les gens lui font peur. Depuis toujours. Son maquillage n'est plus ce qu'il était. D'ailleurs son maquillage n'est plus. Pourquoi ce cacher, si ce n'est pour oublier une vie qui vous a laissé de côté. Ses farces ne font rire que lui. Sa veste miteuse. Son pantalon troué. Et pourtant. Chaque soir il reste là, quand le rideau tombe. Le regard perdu sur ses chaussures trop grandes. Et pourtant. Bien que las de toute cette mascarade, il sait qu'il sera là, demain, encore.

Je suis un clown, vous savez. Mes mots ne sont que pansements. Que douleur.
Dans le fond, nous sommes tous les mêmes.

De pauvres clowns travestis par l'ennui.






# Posté le vendredi 14 août 2009 14:46

Modifié le samedi 15 août 2009 06:17

# Two - Eux



Une émotion. Un soir d'hiver. Perdu au milieu d'une douleur qui n'était pas la mienne...



Je dois le haïr. Comment fait-on ?

Et elle continue, là, sous mes yeux. Elle parle. Elle pleure. Elle me dit que tout ira bien. Que nous n'avons pas besoin de lui. Elle me tend ses bras, comme l'aurais fait toute mère. Et moi...moi je refuse. Moi je dois le haïr. Je comprends, du haut de mes treize ans, que tout sera différent. Que mes repas n'auront plus le même goût. Que les sourires ne seront plus que façades. Que ce soir quelque chose est mort. Je dois le haïr. Toute mon attention est portée sur cette simple phrase. Pendant que lui se saoule. Pendant que lui essaye d'oublier ce qu'il ne peut imaginer. Il a tout gâché. Elle me regarde. Les yeux humides et la haine au bord des lèvres. C'est donc ça la haine ? Je n'écoute plus. Je ne fais que capter de simples mots. Tromperie. Connard. Famille. Mensonge. Principes. Trahison. Salaud. Je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Je lui dis. Elle s'effondre. Trahison. Elle ne m'écoute plus. Pourquoi ? Pourquoi dois-je porter tout cela ? Je veux leur rendre leurs larmes, leur
colère, leurs mensonges. Il est loin. Il boit, encore. Et moi je suis là. A ses côtés. Non, je ne pleure pas. Je la laisse le faire à ma place. Je la laisse souffrir. C'est certainement la seule fois dans ma vie où j'ai fait preuve d'un égoïsme aussi puant. Mais c'est ainsi. On ne demande pas à un gosse de prendre partie. Surtout entre deux personnes comme celles-ci. Alors je ne l'ai pas fais.
Cette nuit là je n'ai pas dormi. Les suivantes non plus d'ailleurs. Il est rentré, quatre jours plus tard. Suivirent de longs mois insoutenables. C'est à ce moment là qu'ils auraient dû prendre la décision que jamais ils ne prirent. Ils ont attendus que la mort le fasse.

A leurs places.





# Posté le lundi 10 août 2009 16:08

Modifié le samedi 15 août 2009 06:12

# One - Ou l'art de tout recommencer à zéros.




[Arthur Schopenhauer] a dit : " Les écrits de Kant, tout autant que les livres sacrés des Hindous et de Platon, ont été, après le spectacle vivant de la nature, mes plus précieux inspirateurs."

Personnellement j'en ai rien à cirer de ce qu'a pu dire Schopenhauer. Mais je ne sais pas, on m'a toujours dit que le fait de citer quelqu'un était important. Surtout lorsqu'il s'agit d'introduire un texte quelconque. Ce texte est quelconque, alors citons.
Je ne sais plus comment m'y prendre, à vrai dire. Voilà plusieurs mois que je n'ai pas foulé les pages de ce blog ni même répondu aux commentaires de fan(s) en délire. Alors j'essaie de retrouver mes marques, vous savez, un peu comme lorsque vous rentrez après trois semaines de vacances. Ce n'est pas tellement l'envie d'écrire qui me manque, mais plutôt ce sur quoi. Je vais bien, et là est le hic. Je n'ajouterais donc rien de plus.

Je suis là. De nouveau.





# Posté le lundi 10 août 2009 15:36

Modifié le samedi 15 août 2009 06:09